Figure internationale de la réflexion contemporaine, Byung‑chul Han a accordé un entretien exceptionnel à Libération à l’occasion de la parution de deux nouveaux essais. L’échange confirme la place du philosophe dans le paysage intellectuel: celui d’un penseur qui interroge les formes actuelles de la subjectivité et le rapport du sujet au monde. Dans cet entretien, il formule une critique nette en affirmant que, «Dans nos sociétés, chacun pratique le culte divin du moi».
Les ouvrages récemment publiés prolongent une interrogation déjà présente dans son œuvre sur les transformations culturelles de la modernité. Sans verser dans des condamnations rhétoriques, Byung‑chul Han observe des mutations profondes dans les pratiques sociales et les représentations individuelles. Son propos met en lumière la manière dont certaines dynamiques contemporaines recentrent l’expérience humaine sur l’affirmation et la valorisation de l’identité personnelle, au détriment selon lui d’autres liens sociaux et symboliques.
Cette réflexion s’inscrit dans un débat plus large porté par la philosophie et les sciences humaines sur les conséquences culturelles et politiques des évolutions récentes. La portée médiatique de l’entretien avec Libération devrait relancer les discussions autour de ces thèmes auprès d’un public élargi: universitaires, lecteurs et acteurs de la société civile trouveront dans ces essais des éléments pour repenser la place du sujet dans la vie collective.
Au-delà de la provocation du titre, la publication des deux essais et la rare disponibilité du philosophe pour cet entretien constituent une occasion de resituer certaines questions centrales de la vie intellectuelle actuelle. En documentant et en formulant ces constats, Byung‑chul Han contribue à alimenter un débat public sur la manière dont les sociétés contemporaines définissent les priorités individuelles et collectives, sans proposer de solutions closes mais en invitant à une réflexion critique partagée.


