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Bombe de la seconde guerre mondiale à Colombes : l’engin détruit par une puissante explosion

Une puissante détonation a retenti dimanche 19 avril à 15 h 18 à Colombes, dans les Hauts-de-Seine : une imposante bombe de la seconde guerre mondiale de 225 kilos a été détruite par une explosion contrôlée souterraine actant la réussite d’un déminage sous haute tension.

Un bruit sourd suivi de lourds échos se répercutant à des centaines de mètres à la ronde a traversé les rues vidées de leurs habitants de cette commune située à l’ouest de Paris, tandis qu’un drone survolait le site pour inspecter le cratère et s’assurer de la sécurisation totale des lieux.

L’opération, commencée à 10 h 30 rue des Champarons, avait finalement basculé vers ce scénario redouté à la mi-journée. Les spécialistes du laboratoire central de la préfecture de police avaient d’abord tenté de désamorcer manuellement l’explosif long 1,06 mètre et qui contenait 100 kilos d’explosifs sans son empennage et d’un diamètre de 33 centimètres. Mais son détonateur s’était avéré « totalement soudé » par le temps, contraignant les experts à basculer vers le scénario de la destruction où il a fallu procéder à l’enfouissement de la bombe.

Des images de l’opération montraient le lourd vestige métallique rouillé reposant au fond d’une fosse sableuse fermement calé par d’épais madriers en bois brut encastrés devant des parois en béton. D’importants travaux de recouvrement avaient ensuite été nécessaires pour étouffer le souffle de la détonation.

L’anéantissement de la munition a exigé un modus operandi de haute technicité. Les cinq démineurs mobilisés avaient d’abord « exposé leur vie » pour extraire l’arme et la « transporter sur 30 mètres » au sein du chantier, a expliqué le directeur du laboratoire central de la préfecture de police (LCPP), Christophe Pezron.

Le périmètre de sécurité autour du site où la bombe a été découverte, dans un quartier résidentiel de Colombes (Hauts-de-Seine), le 19 avril 2026.

Un largage effectué en 1942

Selon ce dernier, le largage de l’engin remontait « très certainement à 1942 ». « Cet objet est tombé de 4 000 mètres il y a 80 ans » et s’est enfoncé « de trois mètres sous terre » sans détoner, a raconté l’expert technique, liant sa découverte inopinée le 10 avril à des travaux de BTP. Sans l’intervention fortuite des pelleteuses « à dix centimètres près (…), un immeuble aurait pu être construit » au-dessus, a-t-il affirmé, en soulignant ce « miracle » géologique.

Pour sanctuariser ce secteur transformé en ville fantôme, la préfecture de police avait déployé d’importants moyens. Plus de 360 personnels de police et de secours dont 200 effectifs de forces mobiles et la brigade des sapeurs-pompiers de Paris avaient verrouillé les accès pour empêcher tout pillage.

Dans le périmètre de sécurité autour du site où la bombe a été découverte, dans un quartier résidentiel de Colombes (Hauts-de-Seine), le 19 avril 2026.

Le dispositif a nécessité l’évacuation à l’aube dimanche matin de « 15 000 personnes », selon le préfet des Hauts-de-Seine, Alexandre Brugère, assumant un défi logistique d’un « cran au-dessus » par rapport au déminage de la porte de la Chapelle à Paris en 2019 (10 000 évacués). « Les populations s’acheminent » vers leur domicile, s’est-il réjoui à 16 h 30, actant la levée du dispositif initialement prévue à 19 heures.

Le Monde avec AFP


Source:

www.lemonde.fr