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Au Louvre, le cinéma sublime le corps : 8 films à voir au musée à l’occasion de l’exposition « Michel-Ange Rodin »

En écho à son exposition événement « Michel-Ange Rodin », le musée du Louvre propose un cycle de cinéma inédit intitulé « Le corps à l’écran ». Un dialogue inattendu mais évident entre sculpture et 7e art sur le corps humain.

Et si le cinéma était, lui aussi, un art de la sculpture ? Que ce soit sous le ciseau de Michel-Ange, la main d’Auguste Rodin ou la caméra d’un réalisateur, le corps n’a cessé d’obséder les artistes. Du 24 avril au 17 juin 2026, le musée du Louvre à Paris invite le public dans son auditorium Michel Laclotte à découvrir huit films réunis dans sa programmation « Le corps à l’écran », en résonance avec sa grande exposition « Michel-Ange Rodin. Corps vivants ». De Pasolini à Claire Denis, de Resnais à Cocteau, ce cycle explore les multiples manières dont le cinéma a pu façonner, éclairer ou réinventer le corps humain.

« Un grand laboratoire d’innovations artistiques »

Les films choisis « interrogent la présence physique comme matière, forme ou tension dramatique », précise le Louvre dans un communiqué. Comment le cinéma s’y prend pour rendre visible l’énergie intérieure du corps et pour incarner la profondeur de l’âme ? La programmation met en lumière des œuvres qui portent une attention particulière et sensible au corps humain. « Les grands thèmes qui parcourent l’œuvre des deux sculpteurs, modèles et processus créatif dans l’atelier, non finito, réinvention des corps et métamorphoses, tension des chairs et énergie vitale, terribilità, passions de l’âme et tourments du corps, traversent ainsi le temps et les arts pour venir enrichir, par l’image en mouvement, le grand laboratoire d’innovations artistiques », décrit Pascale Raynaud, responsable de la programmation cinéma du Louvre.

Le cycle  « Le corps à l’écran » proposera huit films projetés dans l’auditorium du musée du Louvre

Cycle de films « Le corps à l’écran » pour l’exposition « Michel-Ange Rodin » au musée du Louvre

De la Légion étrangère au mythe de Médée, trois visions radicales du corps pour ouvrir le bal

Le cycle s’ouvrira vendredi 24 avril à 20 heures avec Beau Travail (1999) de Claire Denis. Inspirée de la nouvelle Billy Budd, marin d’Hermann Melville, qui raconte la fascination d’un capitaine pour son mousse, la réalisatrice met en scène la Légion étrangère avec sensualité sous le soleil d’Afrique. Une conversation avec la cinéaste sera également proposée pour l’occasion. Les projections continueront samedi 25 avril avec L’Année dernière à Marienbad (1961) d’Alain Resnais et Médée (1969) de Pier Paolo Pasolini. Le premier long-métrage est un récit énigmatique et hypnotique dont les corps ont été filmés comme des figures sculptées en volume, tandis que le second réinterprète le mythe antique de Médée, incarnée par Maria Callas, et explore la puissance tragique du corps.

Photogramme du film Beau Travail de Claire Denis © Photo12 / 7e Art / Pathé Télévision / Tanais / S.M. Films / Pyramide Distribution

Photogramme du film Beau Travail de Claire Denis © Photo12 / 7e Art / Pathé Télévision / Tanais / S.M. Films / Pyramide Distribution

De Cocteau à Rivette, le corps métamorphosé entre conte et atelier d’artiste

Dimanche 26 avril, le public pourra plonger dans l’univers fantastique et poétique de Jean Cocteau avec La Belle et la Bête (1946). Ce grand classique revisite le conte du XVIIIe siècle en s’inspirant des Métamorphoses d’Ovide et des œuvres de Gustave Doré et de Johannes Vermeer. La Belle Noiseuse (Divertimento) (1993) de Jacques Rivette sera projeté le mercredi suivant. Inspiré du Chef-d’œuvre inconnu de Balzac, le film suit un peintre et une œuvre qui l’obsède. Depuis l’atelier, le cinéaste montre le processus créatif et la confrontation entre l’artiste et son modèle, tout en filmant avec attention le corps des comédiens. « Le corps y devient une matière vivante, éprouvée par la pose et transformée par le regard de l’artiste », décrit le Louvre. Mercredi 6 mai, un « ciné-mix » de Prieur de la Marne revisitera la Passion de Jeanne d’Arc (1928) de Carl Th. Dreyer pour proposer un regard décalé et contemporain sur ce chef-d’œuvre du muet.

Photogramme du film La Belle et la Bête de Jean Cocteau © Société nouvelle de distributionPhotogramme du film La Belle et la Bête de Jean Cocteau © Société nouvelle de distribution

Photogramme du film La Belle et la Bête de Jean Cocteau © Société nouvelle de distribution

Un documentaire inédit au cœur de l’exposition « Michel-Ange Rodin »

Un mois plus tard, le vendredi 5 juin, sera organisée une projection de Rodin et Michel-Ange, le chant des statues (2026) de Jérôme Prieur, documentaire de 52 minutes coproduit par le musée du Louvre, le musée Rodin et Arte France. Le long-métrage met en lumière le dialogue entre les deux géants de la sculpture, au plus près de leurs œuvres. Avant la diffusion, est prévue une rencontre avec le réalisateur et les deux commissaires de l’exposition, Marc Bormand du musée du Louvre et Chloé Ariot du musée Rodin. Le cycle s’achèvera mercredi 17 juin avec Le Mariage de Maria Braun (1978) de Rainer Werner Fassbinder, un film qui brosse un portrait de l’Allemagne après la guerre. « Pour faire écho à l’exposition, nous avons souhaité mettre en relief la façon dont le cinéma pouvait, par son dispositif propre, cadrage, montage, éclairage, prolonger les grandes interrogations portées par les deux maîtres de la sculpture, en questionnant sa manière d’envisager le corps comme matière, forme ou tension dramatique », conclut Pascale Raynaud.

« Le corps à l’écran »Auditorium Michel Laclotte du musée du Louvre​​​​​75001 ParisDu 24 avril au 17 juin 2026


Source:

www.connaissancedesarts.com