Les quatre astronautes de la mission Artemis-2 de la NASA ont mis, jeudi 2 avril, les gaz vers la Lune, coup d’envoi d’un voyage qui les amènera à s’approcher, dans plusieurs jours, de l’astre pour la première fois en plus d’un demi-siècle.
Cette manœuvre-clé, l’une des plus importantes de la mission, a débuté vers 1 h 49 (heure de Paris). Pendant près de six minutes, le vaisseau Orion a donné l’élan nécessaire pour s’arracher de l’orbite terrestre et se mettre en route vers l’astre.
« On est tous scotchés aux fenêtres », a confié l’astronaute canadien Jeremy Hansen, qui a embarqué dans ce voyage aux côtés de trois Américains, décrivant « une vue imprenable » de la « Terre éclairée par la Lune ». « C’est phénoménal », s’est-il réjoui.
Avec cette grande poussée, Artemis-2 devient le premier vol habité à prendre la direction de la Lune depuis la fin du programme Apollo, en 1972, la présence humaine s’étant limitée entre-temps aux environs immédiats de la Terre, principalement la Station spatiale internationale (ISS).
« L’humanité a une fois de plus montré de quoi elle est capable », a salué Jeremy Hansen. « Ce sont vos espoirs pour l’avenir qui nous portent aujourd’hui dans ce voyage autour de la Lune », a-t-il encore lancé peu après la tenue de cette manœuvre.
Située à plus de 384 000 kilomètres, la Lune est mille fois plus loin de la Terre que l’ISS et il faudra trois à quatre jours à l’équipage pour la rejoindre. Il ne s’y posera pas mais en fera le tour, passant derrière sa face cachée lundi avant de revenir sur Terre le 10 avril. Lors de cette expédition, l’équipage deviendra celui à s’être aventuré le plus loin dans l’espace.
Limiter les risques
La trajectoire a été décidée de sorte que le vaisseau soit attiré par la Lune puis retourne ensuite droit vers la Terre, sans propulsion supplémentaire. Un calcul ingénieux qui présente néanmoins d’un inconvénient : une fois la grande poussée lancée, il n’y a pas de retour en arrière possible. Afin de rentrer sur Terre, Orion aura besoin d’aller jusqu’à la Lune et d’en revenir, un voyage de plusieurs jours.
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Pour limiter les risques, les astronautes à bord – les Américains Reid Wiseman, Victor Glover et Christina Koch, et le Canadien Jeremy Hansen – ont donc réalisé, dans les vingt-quatre heures suivant leur décollage réussi, une série de vérifications à proximité de la Terre pour s’assurer de la fiabilité de leur vaisseau, qui n’avait jusqu’alors jamais transporté personne.
Si un problème survenait à présent, l’équipage disposerait toutefois d’un « système de survie » grâce à ses combinaisons, avait expliqué en amont du vol Christina Koch. « Elles ont été conçues pour nous maintenir en vie. En cas de fuite dans la cabine, elles peuvent assurer notre survie pendant six jours », avait-elle détaillé.
Leur aventure n’en demeure pas moins risquée, car il s’agit avant tout d’un « test », a insisté à de multiples reprises Jared Isaacman, nouveau patron de la NASA. La mission Artemis-2 vise à ouvrir la voie à un retour des Américains sur le sol lunaire en 2028, avant la fin du second mandat de Donald Trump, pour cette fois y rester. La NASA ambitionne de construire une base près du pôle Sud lunaire, où aucun homme n’a jamais posé le pied, et de se servir de ces missions lunaires pour préparer de futurs vols vers Mars.
L’Europe va devoir « négocier »
La mission se déroule jusqu’à présent sans incident majeur. La fusée géante orange et blanc Space Launch System (SLS) a décollé à l’heure mercredi du centre spatial Kennedy en Floride.
Parmi les quelques imprévus techniques qui ont occupé le centre de contrôle à Houston dans les premières heures du vol, un problème avec les toilettes, qui a fini par être résolu. Une manœuvre en orbite, lors de laquelle Victor Glover a pris les commandes d’Orion pour simuler un amarrage avec un autre appareil, s’est déroulée parfaitement.
Le programme Artemis a coûté des dizaines de milliards de dollars et pris des années de retard. « La NASA a vraiment besoin que ça marche », a affirmé à l’Agence France-Presse (AFP) Casey Dreier, un expert de The Planetary Society, qui rappelle que le moral au sein de l’agence spatiale était en berne à cause de problèmes budgétaires et de départs en masse, notamment des chercheurs qui travaillent sur le climat.
L’équipage d’Artemis est le premier à inclure une femme, un homme noir et un non-Américain dans une mission lunaire ; les pionniers de l’époque d’Apollo (1968 à 1972) étaient tous des hommes américains blancs. Les Européens participent au projet : ils ont fabriqué le module qui propulse Orion, et devaient envoyer leurs astronautes dans de futures missions, y compris sur la Lune.
Mais la NASA a récemment modifié en profondeur la suite du programme Artemis, annulant le projet de station en orbite lunaire, et n’a pas clairement précisé si les Européens garderaient leur billet pour la Lune. Présent en Floride, le directeur général de l’Agence spatiale européenne, Josef Aschbacher, a déclaré à l’AFP qu’il allait devoir « [s]’asseoir » avec l’administrateur de la NASA pour « négocier » les places. « C’est une discussion qui doit avoir lieu dès maintenant », a-t-il insisté.
Source:
www.lemonde.fr

