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AccueilCultureMusiqueAnyma et Joji dévoilent « Beautiful », aube de ÆDEN

Anyma et Joji dévoilent « Beautiful », aube de ÆDEN

Anyma et Joji unissent leurs forces sur « Beautiful », un single mélodique et cinématographique qui inaugure l’ère ÆDEN du producteur italo-américain, à quelques jours de son set historique à Coachella 2026.

Après six mois de silence, Matteo Milleri refait surface. Le producteur italo-américain connu sous le nom d’Anyma publie ce vendredi 3 avril « Beautiful », une collaboration avec le chanteur nippo-australien Joji qui marque un tournant dans sa trajectoire artistique. Ce titre n’est pas un simple single : il est la pierre angulaire d’un nouveau cycle créatif baptisé ÆDEN, qui s’apprête à se déployer sur les scènes du monde entier, à commencer par un slot de headliner à Coachella la semaine prochaine.

Un retour mûri dans le silence

Anyma n’avait plus donné signe de vie depuis la fin du cycle The End of Genesys, troisième et dernier volet de sa trilogie éponyme, parue le 30 mai 2025 sur le label Afterlife. Cet album de quinze titres, porté par des collaborations avec Grimes, Sevdaliza, Yeat, Ellie Goulding et 070 Shake, avait été salué par la critique pour son ambition cinématographique et sa production immersive. Le single « Hypnotized », en duo avec Ellie Goulding, avait même décroché la première place du classement Dance/Mix Show Airplay du Billboard, une première pour Anyma sur n’importe quel chart Billboard.

Puis, plus rien. Le Milanais d’adoption s’est éclipsé des radars pendant près de six mois. « Je sais que ça a été une période silencieuse pour moi », a-t-il écrit sur ses réseaux sociaux à la veille de la sortie. « Au cours des six derniers mois, j’ai tout absorbé, tout digéré, et j’ai construit quelque chose d’entièrement nouveau. Après vingt ans de tournées sans interruption, j’ai ressenti le besoin de prendre du recul et de me concentrer sur l’art. Parfois, il faut se réinitialiser pour évoluer. »

Cette déclaration, publiée simultanément sur Instagram, TikTok et X, dessine les contours d’une démarche qui dépasse la simple promotion d’un single. Milleri parle de remise à zéro, de mutation. Le mot « évoluer » revient comme un mantra. « Beautiful », dans ce contexte, n’est pas un morceau isolé : c’est une déclaration d’intention.

Joji, de l’ombre de YouTube à la lumière des charts

Pour cette première salve de l’ère ÆDEN, Anyma a choisi un partenaire inattendu. George Kusunoki Miller, alias Joji, n’est pas le premier nom qui vient à l’esprit quand on pense à la scène électronique mélodique. Le chanteur nippo-australien, né le 18 septembre 1992 à Osaka, s’est d’abord fait connaître sous un tout autre jour : celui de Filthy Frank, un personnage de YouTube volontairement outrancier dont l’une des vidéos a accidentellement engendré le phénomène viral du Harlem Shake en 2013.

En 2017, Miller tire un trait définitif sur cette carrière de vidéaste pour se consacrer à la musique sous le pseudonyme de Joji. L’EP In Tongues pose les bases d’un univers lo-fi teinté de R&B mélancolique. Suivent trois albums studio — Ballads 1 (2018), Nectar (2020), Smithereens (2022) — qui affinent progressivement une signature sonore faite de nappes éthérées, de voix soufflées et d’une fragilité émotionnelle assumée. Le point de bascule intervient en 2022 avec « Glimpse of Us », un titre qui atteint la huitième place du Billboard Hot 100 et le sommet de l’ARIA Charts en Australie, propulsant Joji dans une tout autre dimension commerciale.

La transition de Joji, du personnage grotesque de Filthy Frank à la figure introspective qui chante sur « Beautiful », reste l’une des métamorphoses les plus remarquables de la musique contemporaine. Rares sont les artistes qui ont réussi à se défaire aussi complètement d’une identité publique pour en construire une radicalement différente, et encore plus rares sont ceux qui y sont parvenus sans que la seconde soit éclipsée par la première.

Son quatrième album, Piss in the Wind, est sorti le 6 février 2026 sur les labels Palace Creek et Virgin Music Group, marquant sa première sortie depuis son départ de 88rising. Le disque, composé de vingt et un morceaux condensés en quarante-cinq minutes — un seul titre dépasse les trois minutes —, a débuté à la cinquième place du Billboard 200 avec 86 000 unités équivalentes écoulées la première semaine. Joji s’apprête par ailleurs à lancer sa tournée Solaris Tour, trente-neuf dates à travers l’Amérique du Nord, l’Europe, l’Australie et l’Asie à partir du 16 juin.

Deux mondes qui se percutent

Sur le papier, la rencontre entre Anyma et Joji peut surprendre. D’un côté, un architecte sonore formé à l’ingénierie du son au SAE Institute de Milan, cofondateur du duo Tale of Us et du label Afterlife, dont l’univers convoque la techno mélodique, l’ambient et la musique classique. De l’autre, un auteur-compositeur autodidacte passé par l’absurde de l’internet, dont les compositions oscillent entre alt-pop minimaliste et R&B introspectif.

Pourtant, la convergence entre les deux artistes est moins improbable qu’il n’y paraît. Anyma n’a jamais été un producteur enfermé dans un genre. Sa discographie solo regorge de collaborations éclectiques : Grimes, Sevdaliza, CamelPhat, Yeat, Lana Del Rey, FKA Twigs ou encore la chanteuse hongkongaise G.E.M. L’album The End of Genesys avait déjà esquissé des ponts entre techno mélodique et pop expérimentale, notamment à travers le titre « Hypnotized » avec Ellie Goulding. De son côté, Joji a régulièrement flirté avec des productions électroniques sur ses propres disques, notamment sur Nectar où les textures synthétiques occupaient une place centrale.

« Ce disque est le résultat de ce processus, et je sens sincèrement que c’est l’un de mes meilleurs travaux à ce jour. Merci à Joji de m’avoir rejoint dans cette aventure », a déclaré Anyma.

« Beautiful » : anatomie d’un titre entre club et catharsis

Le single « Beautiful » se déploie sur un terrain où les deux artistes se retrouvent naturellement : celui de l’émotion brute habillée de production cinématographique. Co-produit avec Dimitri Vangelis et Wyman, BloodPop et Klahr, le morceau repose sur des rythmiques mélodiques pulsantes et des atmosphères immersives qui évoquent autant les dancefloors des clubs que les casques d’écoute d’un auditeur solitaire.

BloodPop, de son vrai nom Michael Tucker, n’est pas un inconnu dans l’industrie. Le producteur américain a travaillé avec Lady Gaga, Justin Bieber, Madonna et BTS, apportant à chaque collaboration un sens aigu de la mélodie pop au service de productions plus expérimentales. Sa présence aux côtés de Dimitri Vangelis et Wyman — le duo suédois connu pour ses collaborations avec Steve Angello — et de Klahr confère à « Beautiful » une architecture sonore qui transcende les frontières de genre.

La combinaison de ces talents n’a rien d’accidentel. Anyma a toujours manifesté un soin méticuleux dans le choix de ses collaborateurs de studio, cherchant des producteurs capables de naviguer entre les genres sans perdre en cohérence. Avec « Beautiful », cette exigence se traduit par un travail de production qui respire la maîtrise : chaque couche sonore semble avoir été placée avec une précision chirurgicale, chaque transition calculée pour maintenir la tension émotionnelle sans jamais la rompre.

Le résultat est un titre qui fonctionne à plusieurs niveaux. En club, les basses profondes et les montées progressives invitent au mouvement. Au casque, la voix de Joji — suspendue, presque spectrale — crée une intimité qui contraste avec l’ampleur de la production. Le morceau ne choisit pas entre la piste de danse et la contemplation : il occupe les deux espaces simultanément, ce qui est précisément la marque de fabrique qu’Anyma a affinée depuis ses débuts en solo en 2021.

ÆDEN : au-delà de Genesys

Avec « Beautiful », Anyma ouvre officiellement le chapitre ÆDEN. Ce nom, qui évoque autant le jardin d’Éden que les racines nordiques du mot « æ » (rivière éternelle en vieux norrois), désigne un nouveau cycle créatif qui succède à la trilogie Genesys. Si cette dernière explorait les thématiques du transhumanisme et de la conscience artificielle à travers une esthétique sci-fi assumée, ÆDEN semble tracer une voie différente.

Les premiers indices suggèrent un univers qui mêle futurisme et mythologie ancienne, une fusion entre le technologique et le sacré. Anyma a décrit le projet comme une « évolution créative » et un « reset » — le mot revient souvent dans sa communication. L’artiste, connu pour brouiller les frontières entre musique électronique, art visuel et expériences immersives, promet avec ÆDEN un spectacle audiovisuel inédit qui dépassera tout ce qu’il a présenté jusqu’ici, y compris sa résidence au Sphere de Las Vegas où il avait joué les titres de The End of Genesys en live.

Le concept ÆDEN ne se limite pas à la musique. À en croire les teasers diffusés en amont, il s’agit d’un univers narratif complet — visuel, sonore, philosophique — qui se déploiera progressivement à travers les singles, les visuels, le live et potentiellement d’autres supports. Anyma, rappelons-le, a toujours cultivé une approche multidisciplinaire, nourrie par ses études d’ingénieur du son et son goût prononcé pour l’art numérique et la réalité augmentée.

Coachella 2026 : une première mondiale

Le timing de la sortie de « Beautiful » n’est pas anodin. Le single atterrit exactement une semaine avant le coup d’envoi de Coachella 2026, le festival californien où Anyma figure en headliner le dimanche 12 et 19 avril aux côtés de Justin Bieber, Sabrina Carpenter et Karol G.

Ce n’est pas un set de DJ ordinaire que les festivaliers découvriront dans le désert d’Indio. Anyma présentera la première mondiale de la production ÆDEN, décrite comme une expérience audiovisuelle immersive combinant réalité augmentée, projection grand format et composition électronique en direct. Milleri a lui-même insisté sur la distinction : ÆDEN n’est pas un DJ set, c’est un « monde audiovisuel entièrement réalisé », une « expérience live singulière » conçue comme un spectacle total.

L’événement s’annonce comme l’un des moments phares du festival. Le samedi sera dominé par le retour de Justin Bieber — qui a négocié un cachet à sept chiffres directement avec le promoteur Goldenvoice — tandis que le dimanche verra Karol G et Anyma offrir deux expériences radicalement différentes. Le festival, qui s’est vendu en moins d’une semaine après l’annonce de la programmation complète, accueillera également The xx, Disclosure, Armin van Buuren, FKA Twigs, Laufey, Iggy Pop et Young Thug sur les deux week-ends.

Une tournée mondiale déjà historique

Coachella ne sera que le point de départ. Anyma a annoncé en février la tournée ÆDEN World Tour 2026, un périple intercontinental de treize dates majeures qui emmènera le nouveau spectacle à travers l’Asie, l’Europe, le Moyen-Orient, les Amériques et l’Océanie. Le coup d’envoi officiel est prévu le 2 mai à Shanghai, et la tournée s’achèvera le 12 décembre à Paris.

Entre ces deux bornes, Anyma passera par Bruxelles (6 juin, déjà sold out), Londres (27-28 juin, deux dates), Beyrouth (10 juillet), Gdańsk (7-8 août), Mexico (22 août), Istanbul (12 septembre), Milan (19 septembre), Madrid (26 septembre), Sydney (17 octobre) et Mumbai (21 novembre). La diversité géographique de cet itinéraire reflète l’envergure internationale qu’Anyma a acquise ces dernières années, lui qui remplit désormais des arenas sur tous les continents.

En parallèle de la tournée, le producteur retrouvera Ibiza pour une résidence estivale au club [UNVRS], tous les mardis de juin à septembre 2026. Cette résidence, qui fait suite à une première saison sold out en 2025, servira de « prolongation vivante » du concept ÆDEN, offrant aux clubbers une expérience évolutive à l’échelle intime du club, en complément des shows massifs en plein air et en arena.

Un producteur qui a redéfini la musique électronique live

Pour mesurer l’ampleur de ce qui se joue avec ÆDEN, il faut revenir sur le parcours de Matteo Milleri. Né le 19 mai 1988 à New York, il s’installe à Milan pour étudier l’ingénierie du son au SAE Institute, où il rencontre Carmine Conte. Ensemble, ils forment Tale of Us en 2008, un duo qui s’impose rapidement comme l’un des piliers de la scène techno mélodique depuis Berlin. La consécration vient en 2017 lorsque le prestigieux label de musique classique Deutsche Grammophon leur commande un album, Endless, une distinction rarissime pour des artistes issus de la scène électronique.

En 2021, Milleri ressent le besoin d’explorer un territoire solo et lance le projet Anyma avec trois EP — Sentient, Claire et Running — qui posent les bases d’un univers où techno mélodique, ambient, electronica et influences classiques se fondent dans une esthétique visuelle saisissante. L’album Genesys, en août 2023, marque le véritable décollage du projet, avec quatorze titres et des collaborations avec Grimes, Sevdaliza et CamelPhat. Genesys II suit en mars 2024, un opus de vingt et un morceaux incluant des remixes d’Eric Prydz, Kölsch, Amelie Lens et Daniel Avery.

Ce qui distingue Anyma de ses pairs, c’est sa capacité à transformer un DJ set en expérience multisensorielle. Ses shows intègrent des technologies de pointe — hologrammes, réalité augmentée, scénographies immersives — qui repoussent les limites de ce que le public attend d’un concert de musique électronique. Sa résidence au Sphere de Las Vegas, conçue pour accompagner The End of Genesys, avait marqué un tournant en démontrant que la musique électronique pouvait investir les plus grands temples du spectacle vivant avec une ambition artistique comparable à celle des plus grandes productions scéniques.

Ce que « Beautiful » dit de la suite

La collaboration avec Joji, au-delà de sa qualité intrinsèque, envoie un signal clair sur la direction que prend ÆDEN. En invitant un artiste issu de l’alt-pop indépendante plutôt qu’un nom établi de la scène électronique, Anyma affirme sa volonté de décloisonner son univers. Le choix de BloodPop à la co-production — un producteur dont le CV traverse la pop, le hip-hop et l’électronique — renforce cette lecture.

Si la trilogie Genesys s’adressait principalement aux initiés de la techno mélodique tout en séduisant un public plus large, ÆDEN semble vouloir effacer cette distinction dès le premier single. « Beautiful » est un titre qui peut résonner aussi bien dans les enceintes du Berghain que dans les playlists d’un adolescent découvrant Joji sur Spotify. C’est un exercice d’équilibrisme rare, et le fait qu’il fonctionne — que la voix de Joji trouve sa place dans l’architecture sonore d’Anyma sans que l’un ne phagocyte l’autre — est peut-être le signe le plus encourageant de ce que cette nouvelle ère réserve.

Pour Joji, cette collaboration représente également un jalon significatif. Si son dernier album l’a ancré dans le paysage alt-pop, « Beautiful » l’expose à un public entièrement nouveau — celui des festivals électroniques et des clubs — tout en lui permettant de démontrer la versatilité de sa voix dans un contexte de production radicalement différent de ses propres disques. L’album Piss in the Wind, avec ses vignettes lo-fi de moins de trois minutes, et le single « Beautiful », avec ses architectures sonores expansives, illustrent les deux pôles d’un artiste qui refuse de se laisser enfermer dans une seule esthétique.

Les prochains mois s’annoncent décisifs. Coachella, le 13 avril, sera le premier test grandeur nature. Si le spectacle ÆDEN tient ses promesses, Anyma pourrait bien confirmer son statut de figure la plus ambitieuse de la musique électronique contemporaine — un artiste pour qui la musique n’est que le point d’entrée d’un univers bien plus vaste.

Le single « Beautiful » est disponible dès maintenant sur toutes les plateformes de streaming.

La rédaction.


Source:

www.rollingstone.fr