Ils auront été retenus en Iran durant près de quatre ans pour des accusations d’espionnage. Les Français Cécile Kohler et Jacques Paris sont arrivés à Paris mercredi 8 avril, au lendemain de leur départ d’Iran, après plus de trois ans et demi de détention et cinq mois d’assignation à résidence à l’ambassade de France à Téhéran.
Les deux ex-détenus ont atterri à l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle peu avant 9 h à bord d’un vol commercial. Ils ont été pris en charge directement sur le tarmac par les équipes du centre de crise du Quai d’Orsay puis ont retrouvé leurs proches venus les accueillir, avant d’être conduits à l’Élysée pour rencontrer le président Emmanuel Macron.
Cécile Kohler a fait part du « bonheur immense » de retrouver les siens et sa « reconnaissance » à leurs familles, à leur comité de soutien et au président français. Avant de parler également de « l’horreur quotidienne » et de « l’arbitraire permanent » durant leur séjour dans les geôles iraniennes. Jacques Paris a évoqué des conditions de détention « inhumaines », tout en précisant, souriant : « Nous ne sommes pas brisés, nous allons témoigner. »
Ils étaient arrivés la veille à Bakou, en Azerbaïdjan, sous convoi diplomatique depuis l’ambassade de France à Téhéran, où ils étaient assignés à résidence depuis cinq mois.
Emmanuel Macron, qui s’est entretenu avec les deux ex-détenus, a annoncé leur libération mardi après-midi, évoquant « un soulagement pour nous tous » et remerciant notamment les « autorités omanaises pour leurs efforts de médiation ». La classe politique a unanimement salué leur libération définitive.
Cécile Kohler, une professeure de lettres, et Jacques Paris, enseignant retraité, avaient été arrêtés le 7 mai 2022, au dernier jour d’un voyage touristique en Iran.
Emprisonnés notamment dans la sinistre prison d’Evine, ils avaient été condamnés en octobre 2025 à respectivement à 20 et 17 ans de prison, notamment pour espionnage, avant d’être remis en liberté le 4 novembre dernier mais avec l’interdiction de quitter la République islamique d’Iran.
« Effort de très longue haleine »
Les différents ministres français des Affaires étrangères avaient travaillé sans relâche pour obtenir leur libération, dans un contexte rendu encore plus difficile ces dernières semaines par la guerre en Iran, qui a éclaté le 28 février.
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Leur libération est l’aboutissement d’un « effort de très longue haleine » selon l’Élysée, qui a rappelé qu’Emmanuel Macron « a été le premier chef d’État occidental à s’entretenir avec le président iranien » Massoud Pezeshkian après le début de la guerre. « À chaque appel, il a réitéré de manière extrêmement claire nos attentes », selon la présidence française.
Pour Paris, le temps pressait alors que le président américain Donald Trump avait lancé mardi un nouvel avertissement envers Téhéran, menaçant le pays d’un anéantissement total, avant de conclure in extremis un cessez-le-feu de deux semaines avec Téhéran.
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Selon une source dans l’entourage de Jean-Noël Barrot, « ce qui a permis d’obtenir leur libération, c’est la situation actuelle » : « Les Iraniens ont intégré cet élément dans l’équation et cela a été probablement décisif dans leur libération mais la dynamique était enclenchée. »
« S’il était arrivé quelque chose de dramatique à nos compatriotes, la réaction aurait été vive », a-t-elle ajouté.
« Discussions sensibles, par nature confidentielles et qui doivent le rester »
Cécile Kohler et Jacques Paris ont quitté l’ambassade à Téhéran mardi « à l’aube » en compagnie de l’ambassadeur de France. Celui-ci restera hors d’Iran pour le moment mais l’ambassade reste ouverte, selon une source ayant connaissance du dossier.
Le pouvoir de Téhéran avait évoqué ces derniers mois un échange – jamais confirmé par Paris – en contrepartie de la remise en liberté d’une Iranienne, Mahdieh Esfandiari, arrêtée en France en février 2025 et condamnée notamment pour apologie du terrorisme.
Son assignation à résidence a été levée, a annoncé mardi son avocat Nabil Boudi, quelques heures après l’annonce que les deux Français avaient quitté l’Iran.
Interrogé sur une éventuelle contrepartie à leur libération, Jean-Noël Barrot a évoqué des « discussions sensibles, par nature confidentielles et qui doivent le rester », mais assuré qu' »en aucun cas et d’aucune manière, nous n’avons mêlé le sort de nos otages avec les choix de politique étrangère de la France ».
L’Iran multiplie les arrestations de ressortissants occidentaux, les accusant le plus souvent d’espionnage, afin de les utiliser comme monnaie d’échange pour relâcher des Iraniens emprisonnés dans des pays occidentaux ou afin d’obtenir des gages politiques.
Au plus fort de la crise des « otages d’État » avec Paris, Téhéran a détenu jusqu’à sept ressortissants français simultanément. Il n’y en a désormais plus.
Avec AFP
Source:
www.france24.com

