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Salaires : Emmanuel Macron renvoie les branches sous le Smic à la table des négociations

Le débat salarial revient au premier plan, mais sans annonce sur le niveau du Smic. Invité mercredi par le média HugoDécrypte, Emmanuel Macron a appelé les branches professionnelles dont les grilles de rémunération comportent encore des minima inférieurs au salaire minimum légal à rouvrir les discussions. Le chef de l’État a ainsi placé la responsabilité du réajustement sur les partenaires sociaux, sans se prononcer sur une éventuelle revalorisation du Smic lui-même.

La situation visée concerne les conventions collectives dans lesquelles certains premiers niveaux de classification restent en dessous du seuil légal. En pratique, un employeur ne peut pas rémunérer un salarié à temps plein sous le Smic, mais des grilles conventionnelles dépassées créent des effets de tassement : les catégories d’entrée se retrouvent alignées sur le minimum légal, tandis que les écarts avec les niveaux supérieurs se réduisent. Ce mécanisme nourrit les tensions sur les salaires, notamment dans les secteurs où les carrières progressent par paliers conventionnels.

En appelant les branches à négocier, Emmanuel Macron réactive un levier classique du dialogue social français : la fixation des minima par secteur, distincte du salaire minimum interprofessionnel fixé au niveau national. Les organisations patronales et syndicales disposent, dans ce cadre, d’un espace de négociation pour adapter les grilles à la réalité des métiers, des qualifications et des conditions de travail. L’enjeu dépasse le seul respect formel du plancher légal : il concerne aussi la lisibilité des parcours professionnels et l’attractivité de certains emplois.

Le président n’a toutefois pas ouvert de perspective précise sur une hausse générale du Smic, sujet particulièrement sensible dans un contexte de pouvoir d’achat contraint. Une revalorisation du salaire minimum relève d’un mécanisme encadré et peut aussi faire l’objet d’une décision politique. En renvoyant d’abord les branches à leurs responsabilités, l’exécutif privilégie une approche sectorielle, susceptible de corriger les grilles les plus en retard sans annoncer de mesure uniforme pour l’ensemble des salariés.

Cette prise de position intervient alors que la question de la rémunération demeure centrale dans les relations sociales. Pour les salariés concernés, la mise à jour des minima conventionnels peut avoir des effets sur la progression salariale, les classifications et la reconnaissance des qualifications. Pour les entreprises, elle oblige à examiner l’équilibre des grilles internes. La portée concrète de l’appel présidentiel dépendra désormais de la reprise effective des négociations dans les branches visées.

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