Les Nations Unies ont condamné lundi le meurtre de huit ambulanciers paramédicaux palestiniens, cinq premiers intervenants à la défense civile et un membre du personnel des Nations Unies par les forces israéliennes à Rafah, dans le sud de Gaza. Le coordinateur des secours d’urgence des Nations Unies, Tom Fletcher, a exigé «la justice et les réponses», qualifiant l’attaque de violation inacceptable du droit international.
La Palestine Red Crescent Society (PRC) aurait récupéré les corps une semaine après l’attaque, survenue le 23 mars alors que les médecins se dirigeaient vers des civils blessés dans la région d’Al-Hashashin. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a exprimé une profonde douleur, déclarant que les victimes «risquaient leur propre vie pour fournir un soutien aux autres». Les PRC ont condamné l’attaque comme un «crime prémédité» exhortant la communauté internationale à prendre des mesures contre les «graves violations» d’Israël.
Les Forces de défense israéliennes (FRI) ont affirmé que ses troupes ont tiré sur des véhicules avançant «suspects» sans phares ni signaux d’urgence. La FDI a déclaré qu’un agent du Hamas et «huit autres terroristes» faisaient partie des personnes tuées mais ont reconnu plus tard que les ambulances et les camions de pompiers faisaient partie des véhicules frappés. Les militaires n’ont pas commenté le sort d’un médicament PRCS manquant.
L’attaque a suivi l’effondrement d’un cessez-le-feu le 18 mars, après quoi Israël a lancé une offensive majeure, tuant plus de 1 000 personnes et en blessant plus de 2 000. Alors qu’Israël reprend son offensive à la suite de l’effondrement du cessez-le-feu, l’aide humanitaire reste sévèrement restreinte et les victimes civiles continuent d’augmenter. La dernière escalade souligne la dévastation continue à Gaza, sans résolution claire en vue.
Israël fait face à un examen juridique croissant. La Cour pénale internationale (CPI) a publié des mandats d’arrêt en novembre pour le Premier ministre Benjamin Netanyahu et l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant pour des crimes de guerre présumés. Le pays fait également face à des accusations de génocide à la Cour internationale de justice.
Depuis octobre 2023, au moins 399 travailleurs humanitaires ont été tués, dont 289 membres du personnel de l’ONU, 34 membres de la Palestine Red Crescent Society (PRCS) et au moins 76 travailleurs des ONG. L’Agence des Nations Unies pour les secours et les travaux pour les réfugiés de la Palestine du Proche-Orient (UNRWA) a perdu 284 employés, dont des enseignants, des médecins et des infirmières. Plus de 50 200 Palestiniens, principalement des femmes et des enfants, ont été tués à Gaza, avec plus de 114 000 blessés, comme le ministère palestinien de la santé a rapporté.