Tout le monde sait que nous vivons des temps troubles et que le futur de l’Humanité est incertain à la fin du XXIe siècle. On aimerait bien un coup de pouce d’une civilisation extraterrestre avancée et bienveillante à notre égard. C’est un peu ce qu’espéraient sans doute certains des fondateurs du programme Seti de recherche d’une telle civilisation, Carl Sagan, Frank Drake et leurs collègues russe et ukrainien Nikolaï Kardashev et Iossif Chklovski, qui ne sont hélas plus là pour le voir et commenter les derniers résultats obtenus de cette quête.
S’il est possible de voyager et de communiquer entre les étoiles beaucoup plus vite que la lumière, nous sommes clairement une civilisation trop primitive pour savoir comment nous y prendre. Des civilisations E.T. plus avancées pourraient donc tenter de communiquer avec nous qu’au moyen des ondes radio, peut-être émises d’ailleurs par l’une des sondes robotisées qu’elles auraient massivement déployées dans la Voie lactée afin de détecter l’émergence de civilisations comme la nôtre et d’entrer en contact avec elles.
Dans le projet multiplateforme francophone sur la cosmologie contemporaine Du Big Bang au Vivant, Jean-Pierre Luminet et Hubert Reeves nous parlent du programme Seti et des extraterrestres (E.T.). © Groupe ECP, www.dubigbangauvivant.com, YouTube
Un troisième objet interstellaire
Ce ne sont que des spéculations, mais s’il y a une chance qu’elles soient vraies, on comprend pourquoi des scientifiques de l’Institut Seti ont entrepris de rechercher des signaux technologiques provenant de 3I/Atlas, le troisième objet interstellaire observé dans notre Système solaire. Son nom vient du fait qu’il a été débusqué par le système d’alerte aux impacts terrestres d’astéroïdes (Asteroid Terrestrial-impact Last Alert System alias Atlas).
Il a été découvert début juillet et depuis, les spéculations vont bon train. Quelle est réellement la nature de 3I/Atlas, ce mystérieux objet interstellaire qui voyage dans notre Système solaire ? Certains rêvent qu’il s’agisse d’un engin extraterrestre. Que nous révèlent les toutes dernières données transmises par Hubble ?… Lire la suite
Un communiqué du mythique institut explique qu’au total nous disposons maintenant de sept heures de données collectées sur les fréquences radio de 1 à 9 GHz avec le réseau de télescopes Allen (ATA) de l’observatoire radio de Hat Creek, en Californie du Nord. Les observations ont débuté moins de 24 heures après l’annonce de la détection de 3I/Atlas en 2025.
Le communiqué explique également que « cette large gamme permet aux scientifiques de rechercher des signaux radio à bande étroite, qui ne sont pas produits naturellement et qui constitueraient une preuve de l’existence d’une technologie. L’équipe a identifié près de 74 millions de signaux à bande étroite. Après avoir éliminé les interférences humaines et filtré les signaux correspondant au mouvement de 3I/Atlas, seuls 200 environ ont été retenus pour analyse ».

L’objet appelé ʻOumuamua, qui a traversé le Système solaire en frôlant la Terre en 2017, est-il non pas une comète ou un astéroïde interstellaire atypique et naturel mais au contraire une sonde interstellaire extraterrestre artificielle ? La grande majorité de la communauté scientifique s’oppose à cette thèse défendue dans un livre par l’astrophysicien Avi Loeb et est très critique envers l’attitude du chercheur de Harvard. Après les explications de Sean Raymond à ce sujet, Futura reprend celles de son collègue du Laboratoire d’Astrophysique de Bordeaux, Franck Selsis…. Lire la suite
Hélas, tous provenaient de technologies situées à la surface de notre Planète miracle ou de nos propres satellites en orbite terrestre, conclut le communiqué.
Une présentation de l’Institut Seti. Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle blanc en bas à droite. Les sous-titres en anglais devraient alors apparaître. Cliquez ensuite sur l’écrou à droite du rectangle, puis sur « Sous-titres » et enfin sur « Traduire automatiquement ». Choisissez « Français ». © Seti Institute
Le saviez-vous ?
En septembre 1959, la revue Nature publiait un article visionnaire de Giuseppe Cocconi, qui joua un rôle important dans la mise en route du Proton Synchrotron du Cern, et de Philip Morrison, qui avait participé au projet Manhattan. Son titre, Searching for Interstellar Communications, allait devenir célèbre sous la forme d’un acronyme, c’est-à-dire Seti.
Les deux physiciens y tenaient le raisonnement suivant : si des civilisations extraterrestres avancées existent dans la Galaxie, elles pourraient communiquer entre elles ou avec leurs colonies à l’aide d’ondes radio. En considérant les longueurs d’onde les plus propices à la transmission lointaine de signaux clairs, malgré le bruit de fond radio galactique, ils avaient conclu que la bande radio la plus adaptée était celle, étroite, entourant la longueur d’onde de 21 centimètres.
De plus, cette bande correspond à une transition dite hyperfine dans l’atome d’hydrogène neutre, l’élément le plus abondant de l’Univers. C’était donc un bon moyen pour établir un standard de communication, naturellement adopté par toute civilisation développée.
Un jeune radioastronome, Frank Drake, était alors parvenu à des conclusions similaires. En poste au radiotélescope de Green Bank, il lança donc le 8 avril 1960 le projet Ozma, du nom d’une princesse du pays d’Oz. Pendant deux périodes de deux mois, Drake et ses collègues écoutèrent avec le radiotélescope de Green Bank deux étoiles semblables au Soleil et situées à moins de 15 années-lumière, Tau Ceti et Epsilon Eridani.
Le résultat fut négatif. Soixante ans après Drake, toujours vivant, le programme Seti reste d’actualité. Il a reçu en 2015 une impulsion importante via le projet Breakthrough Initiative du milliardaire Yuri Milner. Soutenu à l’époque par Stephen Hawking ainsi que Kip Thorne, le prix Nobel de physique et conseiller scientifique du film Interstellar, et Ann Druyan, la veuve de Carl Sagan, il visait à donner 100 millions de dollars en dix ans au programme Seti.
Source:
www.futura-sciences.com


