Ces montres « intelligentes » sont utilisées par 27 % des Français et les intentions d’achat restent fortes (source 1). Les derniers modèles multiplient les fonctions santé, mais sont-ils vraiment utiles ?
Qu’est-ce qu’une montre connectée et que mesure-t-elle ?
La fréquence cardiaque
Elles mesurent en continu le nombre de battements du cœur par minute en repérant les pulsations au niveau du poignet. « C’est assez fiable et utile car la fréquence cardiaque au repos est un bon indicateur de santé cardiovasculaire, à comparer à la norme en fonction de son âge. Une fréquence cardiaque élevée ou ‘tachychardie’ (au-delà de 100 au repos) sans raison peut aussi indiquer un trouble du rythme, à confirmer avec un cardiologue », note la Dre Sana Amraoui, cardiologue, cheffe du service de rythmologie à l’hôpital américain de Paris. La montre calcule aussi notre fréquence cardiaque maximale (FC max) : un repère pour rester dans la bonne intensité lors des séances d’activité physique.
Le nombre de pas et le niveau d’activité physique
« Même s’il peut y avoir une erreur de 10 à 20 % sur le nombre de pas mesuré, cela n’a pas d’importance : les études montrent que cela incite à bouger plus et a un impact bénéfique sur le niveau d’activité physique », résume le Dr Nicolas Postel-Vinay, médecin à l’Unité d’hypertension artérielle à l’hôpital Européen Georges Pompidou (Paris). Elles détectent aussi si l’on reste immobile trop longtemps et envoient des alertes qui invitent à marcher quelques minutes : utile pour lutter contre la sédentarité, notamment si on travaille assis.
Le sommeil
Les spécialistes s’accordent à dire que ces données sont encore approximatives : la montre a du mal à distinguer le temps de repos du temps de sommeil réel, et les différentes phases du sommeil, surtout si on bouge peu. « Cette analyse ne suffit jamais à faire un diagnostic ni à écarter une apnée du sommeil si, malgré un bon score, on se réveille fatigué : il faut toujours confirmer avec un médecin », insiste la Dre Amraoui. Et cette surveillance ne doit pas virer à l’obsession : évitez de dormir avec votre montre si vous êtes déjà anxieux, car cela peut paradoxalement augmenter la peur de mal dormir et gêner le sommeil.
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Montre connectée : quelles mesures de santé sont vraiment utiles ?
Le rythme cardiaque avec l’électrocardiogramme (ECG)
Deux électrodes – l’une au poignet, l’autre au niveau d’un bouton ou du contour métallique de la montre – mesurent l’activité électrique du cœur, pendant trente secondes. Des algorithmes évaluent les variations du rythme et envoient une alerte en cas d’irrégularités répétées (source 2). « Même si ce n’est pas aussi précis qu’un ECG médical, c’est fiable à 90-97 % si le bracelet est bien ajusté. Cette mesure peut vraiment aider à détecter des arythmies, en particulier la fibrillation auriculaire, qui est fréquente (1 personne sur 4 après 40 ans) et augmente le risque d’AVC ou d’insuffisance cardiaque, y compris quand il n’y a aucun symptôme. Pratique aussi pour établir un diagnostic en cas de palpitations, car au moment de la consultation, les patients ont souvent un rythme normal », observe la cardiologue.
Elle recommande une montre équipée de la fonction ECG si vous avez tendance aux palpitations, des facteurs de risque cardiovasculaire (antécédents d’AVC ou infarctus, hypertension, diabète, tabagisme…) ou plus de 55 ans.
La variabilité du rythme cardiaque
Certaines montres mesurent les microvariations dans l’écart entre deux battements cardiaques, qui permettent au cœur de s’adapter quand il doit accélérer ou ralentir. « C’est un bon indicateur du niveau de stress, car la variabilité cardiaque diminue quand on est anxieux ou déprimé. L’intérêt, c’est surtout que la montre invite à faire des pauses et à réaliser des petits exercices de respiration type cohérence cardiaque, bénéfiques pour abaisser le risque cardiovasculaire », note la Dre Amraoui.
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Montre connectée : quelles mesures sont peu fiables ou inutiles ?
La tension artérielle
La plupart des montres utilisent une mesure par système optique (PPG), qui ne donne qu’une estimation, pas une valeur réelle. Une exception : la Huawei Watch D2, équipée d’un ballonnet gonflable pour comprimer l’artère radiale, avec une précision comparable à un tensiomètre au poignet. « Mesurer sa tension en continu n’a pas d’intérêt : quand on doit la surveiller, mieux vaut le faire assis au calme, et utiliser un tensiomètre au bras, le seul recommandé (on en trouve à partir de 15 €) », tranche le Dr Postel-Vinay.
La température corporelle
La température corporelle varie en permanence ne serait-ce qu’en fonction de la température extérieure, après un effort… le taux d’oxygène dans le sang (Sp02) : la fiabilité des mesures est, pour l’instant, décevante.
Montres connectées : les modèles phares et leurs plus
L’Apple Watch SE 3 (269 €) : les zones de fréquence cardiaque personnalisées pour adapter ses séances de sport, et les anneaux « Activité » très visuels qui incitent à bouger plus ;
La ScanWatch2 de Withings (349,95 €) : l’ECG au poignet et la possibilité de le faire analyser par un cardiologue (Cardio Check-Up off ert avec l’abonnement gratuit d’un mois à Withings+) ;
La Vívoactive 6 de Garmin (329,99 €) : la mesure de la variabilité de la fréquence cardiaque et une autonomie jusqu’à onze jours sans la recharger.
Source:
www.santemagazine.fr

