Le jury international de la prochaine Biennale d’art contemporain de Venise, qui se tiendra du 9 mai au 22 novembre, a démissionné, jeudi 30 avril, après la polémique née de la décision des organisateurs d’autoriser la participation de la Russie, a affirmé l’instance italienne.
Cette démission globale intervient une semaine après que ce même jury a annoncé qu’il exclurait la Russie et Israël du palmarès, en raison de l’émission par la Cour pénale internationale (CPI) de mandats d’arrêt pour crimes de guerre à l’encontre des dirigeants des deux pays, Vladimir Poutine et Benyamin Nétanyahou.
Dans un communiqué, la Biennale – la plus grande exposition d’art internationale au monde – avait affirmé la semaine dernière que le « jury [s’abstiendrait] d’évaluer [les œuvres des] pays dont les dirigeants sont actuellement inculpés de crimes contre l’humanité » par la CPI.
Les organisateurs de l’événement avaient annoncé en mars qu’ils permettraient à la Russie d’y participer, mais cette décision avait été vivement critiquée par l’Ukraine et l’Union européenne. Bruxelles avait même menacé de couper les financements.
« Un lieu de trêve au nom de l’art »
Près de 40 artistes russes doivent participer à l’exposition « The Tree Is Rooted in the Sky » (« l’arbre est enraciné dans le ciel ») qui sera accueillie au sein du pavillon russe, situé dans les jardins de la Biennale. Des artistes ukrainiens et biélorusses – Minsk étant un proche allié de Moscou – seront également présents à Venise.
A la suite de cette démission, la Biennale a annoncé avoir « décidé que la cérémonie de remise des prix de la 61e Exposition internationale d’art, initialement prévue le 9 mai, aura lieu le dimanche 22 novembre ». Elle a également fait savoir qu’elle décernerait deux prix, dont l’un pourrait être remporté par n’importe lequel des pays participants inscrits, « conformément à la liste officielle, selon le principe d’inclusion et d’égalité de traitement ».
« C’est cohérent avec l’esprit fondateur de la Biennale, basée sur l’ouverture, le dialogue et le refus de toute forme de fermeture ou de censure », affirment les organisateurs dans un communiqué. « La Biennale entend être, et doit rester, un lieu de trêve au nom de l’art, de la culture et de la liberté artistique », ajoute le communiqué.
La Biennale avait interdit la participation de toute personne liée au gouvernement russe en 2022, en signe de protestation contre l’invasion de l’Ukraine par Moscou. La Russie était également absente de l’édition suivante en 2024.
Source:
www.lemonde.fr

