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Baz Halpin, l’architecte visuel de Taylor Swift, No Doubt et du Sphere

Du Eras Tour aux résidences au Sphere de Las Vegas, le producteur et directeur irlandais Baz Halpin a signé certains des spectacles les plus marquants du live contemporain. Alors que No Doubt s’apprête à investir la salle sphérique de Las Vegas le 6 mai, le CEO de Silent House revient sur un parcours où se mêlent rock & roll, technologie de pointe et grandes émotions collectives.

Baz Halpin allait suivre la voie familiale de la musique classique, jusqu’à ce qu’une tournée de Jethro Tull change tout. Adolescent dans les années 1990, ce producteur et directeur irlandais travaille dans une salle de concert dublinoise où il découvre comment la lumière peut amplifier l’émotion d’une musique. Il accepte alors un poste de technicien lumière et rigger. « Je suis parti en tournée, et c’était comme passer la porte du Magicien d’Oz : tout est soudain devenu couleur. Ce monde de voyage, d’excitation, de responsabilité, de folie, et tout ce que le mode de vie rock & roll pouvait offrir, j’en suis tombé amoureux », se souvient Halpin, CEO et fondateur de la boîte de production Silent House Group.

La route de briques jaunes de Halpin l’a emmené jusqu’au Sphere Las Vegas — où Le Magicien d’Oz a justement franchi de nouvelles portes avec un film immersif 4D. C’est là qu’il a imaginé les visuels des résidences des Eagles et des Backstreet Boys. Il travaille désormais avec No Doubt sur leur propre série de concerts dans la salle sphérique, qui démarre le 6 mai — un voyage « nostalgique, excitant et surprenant » qui retrace les quarante années du groupe.

« Ce sera une traversée des moments les plus marquants de l’histoire de No Doubt », explique Halpin. « Le groupe a grandi dans l’Orange County avant de conquérir le monde. Ils ont traversé tant de choses ensemble, et la beauté du Sphere, c’est la possibilité de raconter tout ça visuellement. Vous serez emportés et vous aurez l’impression de vivre leur évolution à leurs côtés. »

On est loin du premier travail de Halpin sur la conception scénique et la direction artistique pour Pink, Cher, Christina Aguilera ou Symphonica, la dernière tournée de George Michael, qui associait le chanteur à un orchestre symphonique. « Il avait fait une version de « The First Time Ever I Saw Your Face » avec cet orchestre incroyable, ça me scotche encore aujourd’hui », confie-t-il. Son parcours éclectique — qui inclut aussi un passage sur le Lord of the Dance de Michael Flatley — lui a servi d’« université » : l’apprentissage du grand spectacle, tous genres et toutes salles confondus.

Un autre sommet de carrière fut sa collaboration avec Taylor Swift, au moment de son virage pop avec la tournée Red en 2013. Halpin a continué à travailler étroitement avec Swift sur ses tournées suivantes, dont le record-breaking Eras Tour. Ces méga-productions montrent à quel point les superstars d’aujourd’hui repoussent les limites du live : les artistes veulent aller « au-delà de ce qui a déjà été fait », à une époque où le public est plus inventif que jamais.

« La plupart des gens, via Instagram ou TikTok, sont eux-mêmes des créatifs », ajoute-t-il. « Tout le monde est monteur. Il existe dans le fandom une culture qui n’existait pas avant, ce qui fait monter la barre pour émerveiller le public… Et la technologie, les logiciels et la puissance de calcul permettent d’en faire beaucoup plus. Toute l’industrie a avancé, ce qui permet de voir plus grand. Personne n’aurait conçu un truc comme le Sphere il y a vingt ans. »

No Doubt sortait tout juste de son retour triomphal à Coachella 2024 quand Halpin, qui avait déjà travaillé sur leur Summer Tour 2009, a été embarqué pour la résidence. Il a commencé par présenter des moodboards et des images de référence, qu’il a affinés avec le groupe avant de créer une maquette du show. Une fois la setlist arrêtée, il a montré à Gwen Stefani, au bassiste Tony Kanal, au guitariste Tom Dumont et au batteur Adrian Young ce qu’il avait en tête pour chaque morceau, avant de développer les idées avec eux. « Une grande partie doit prendre forme dans votre tête, parce que vous ne voyez pas de produits finis — juste des références, des maquettes ou des croquis », explique Halpin. « Ils sont tous créatifs et capables de ça, mais c’est un processus difficile. »

© WireImage

Le plus grand défi du Sphere reste cette « délicate danse » qui consiste à créer des visuels spectaculaires sans jamais éclipser le groupe. Avec No Doubt, les possibilités créatives ont paru immenses, grâce à la variété de leur discographie, des ballades comme « Don’t Speak » aux hymnes pop-punk comme « Ex-Girlfriend ». Halpin indique que les racines de l’Orange County joueront un rôle central dans le show, tandis que les fans les plus attentifs repéreront de nombreux clins d’œil. « On a fait une plongée en profondeur, en exhumant à la fois les moments évidents du passé et d’autres plus obscurs », dit-il.

Ayant également mis en scène les shows de la mi-temps du Super Bowl pour Katy Perry et Usher, Halpin considère le sport et la musique live comme des vecteurs essentiels de connexion humaine. Il espère que son travail sublime ces moments. « Dans un monde de plus en plus digital et isolé, le sport et la musique live sont parmi les rares endroits où les humains se rassemblent, presque cérémoniellement, et participent », conclut-il. « Quelque chose de magique s’y passe. En tant que réalisateur ou producteur, vous voulez décupler cette expérience. Et quand il y a cet élément de nostalgie, ces souvenirs sont tissés dans nos âmes, alors honorer ça est important. »

Par Leena TailorTraduit par la rédaction.


Source:

www.rollingstone.fr