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AccueilÉconomieAffairesPourquoi la Suisse exige du géant bancaire UBS qu’il renforce ses réserves

Pourquoi la Suisse exige du géant bancaire UBS qu’il renforce ses réserves

D’un côté, un Etat échaudé, qui ne veut jamais plus devoir siphonner les contribuables pour sauver une banque en capilotade et socialiser les pertes, comme il l’a déjà fait en 2008 et en 2023. De l’autre, un grand banquier, qui ne déteste rien davantage que du capital immobilisé, sur ordre politique de surcroît.

L’affrontement, qui dure depuis des mois en Suisse, symbolise deux conceptions divergentes de l’économie libérale et des limites de l’interventionnisme étatique, avec deux personnages principaux : la ministre des finances suisse, Karin Keller-Sutter (droite libérale) et le PDG du groupe UBS, Sergio Ermotti.

Mercredi 22 avril, « KKS », ainsi que la nomment les Suisses, s’est montrée ferme à l’issue du conseil des ministres à Berne en annonçant que la Confédération suisse voulait imposer à UBS un renforcement de ses fonds propres, de 20 milliards de dollars (17 milliards d’euros), pour couvrir intégralement les risques liés à ses filiales étrangères.

En cas de défaillance

UBS respecte pourtant largement les exigences de solvabilité et de solidité financières internationales. Mais avec un bilan de 1 600 milliards de dollars, soit près d’une fois et demie le produit intérieur brut du pays, la banque est devenue bien trop grosse pour ne pas entraîner celui-ci dans sa chute en cas de défaillance. Le gouvernement fédéral tire ainsi les leçons du sauvetage de Credit Suisse en 2023, et de son absorption par UBS, sa rivale, sous les auspices de l’Etat. L’opération avait permis d’éviter une faillite potentiellement ravageuse pour la Suisse et pour le système financier international.

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Source:

www.lemonde.fr