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AccueilCultureMusiqueMichael Jackson à l’honneur dans notre mensuel et notre hors-série

Michael Jackson à l’honneur dans notre mensuel et notre hors-série

De l’intimité de son home studio aux sessions électriques d’Austin, Tiwayo nous raconte la naissance d’Outsider, un album organique né d’un pèlerinage aux racines de la soul et du besoin viscéral de retrouver la scène.

« Je ne m’étais jamais autorisé à faire vraiment un album de Soul », signale Tiwayo d’emblée.

Pour ce faire, direction le Texas. Pour donner vie à ses démos sur lesquelles il a travaillé deux ans, l’artiste sollicite Adrian Quesada (Black Pumas), qu’il plaçait « au top de [sa] liste de producteurs pour cet album ». Loin des productions aseptisées, Tiwayo cherche l’alchimie du groupe, le son organique des sessions d’antan.

« En trois jours en fait on a enregistré toutes les fondations vraiment en live et c’était génial », raconte-t-il, encore marqué par l’efficacité de la méthode texane. « C’est lui qui a trouvé les musiciens, mieux, il a recruté une partie de son groupe de scène », précise Tiwayo, enthousiaste. En studio, la règle est simple : l’humain prime sur la machine. Pour lui, ce travail collectif est « l’antithèse de l’intelligence artificielle en musique » car, là-bas, il y a « dix intelligences dans le studio » qui collaborent. Le destin s’en mêle lorsqu’une légende locale, Doyle Bramhall II, pousse la porte : « Il est venu jouer juste sur un morceau et puis il est resté, il a joué sur trois ».

Un moment de grâce pure où le musicien français avoue qu’il « planait un peu » devant une telle fluidité créative.

Quant à sa patte sonore, Tiwayo ne cache pas son obsession pour l’authenticité matérielle.

Il refuse les processeurs modernes qui dénaturent l’instrument : « Mon pedalboard est le plus minimaliste du monde, mais je suis très branché guitares ». Ce qu’il cherche, c’est la vibration brute, celle des studios Stax ou du Royal Studio de Memphis. « J’aime bien quand ça va aussi vers des sons un peu plus tough, un peu plus durs qui tendent plus vers le Blues », précise-t-il.

Cette exigence s’étend au format même de son œuvre. À l’heure du single roi, lui reste un farouche défenseur du format album : « Je suis particulièrement attaché à ce format [l’album] qui me paraît essentiel pour raconter une histoire qui tient un peu la route ». Pour lui, l’album n’est pas une contrainte commerciale, mais le support indispensable pour transformer une « vision singulière en une vision collective ».

Mais pourquoi Outsider ? Le titre claque comme une évidence. Tiwayo assume cette position de retrait, presque de pèlerin étranger : « Je ne pense pas être le représentant le plus attendu de cette musique ». C’est précisément cette distance qui lui permet d’injecter sa propre vérité dans des codes séculaires. « Mon père c’est la personne qui m’a introduit au Blues, à la Soul, au Jazz et globalement à la culture américaine et à la culture noire-américaine ». Enfant, il baigne dans cette collection de disques, une éducation sentimentale qui forge son oreille. Pourtant, il lui aura fallu du temps pour oser affronter ces monuments.

Mais après le travail de moine en studio, l’appel de la route se fait pressant.

« J’ai qu’une envie c’est de monter sur scène », lâche-t-il, avouant avoir « perdu quelque chose qui est essentiel pour [lui], qui est la scène » ces dernières années. Le retour se fera avec une équipe de musiciens parisiens, pour une tournée qui s’annonce comme une libération. Sa date au New Morning sera le point d’orgue de ce retour : « Ce sera quasiment notre première date pour la sortie de l’album ». L’Outsider n’est plus seul, il a désormais une histoire à partager.

Belkacem Bahlouli

Vous pouvez également consulter l’interview via notre liseuse ci-dessous :


Source:

www.rollingstone.fr