Le journaliste Ahmed Shihab-Eldin acquitté au Koweït après 52 jours de détention pour diffusion de fausses informations
Ahmed Shihab-Eldin, un journaliste indépendant ayant travaillé pour le New York Times, Al Jazeera English ou la télévision américaine PBS, emprisonné au Koweït notamment pour diffusion de fausses informations, a été acquitté jeudi 23 avril des charges retenues contre lui, a annoncé le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), alors que les pays du Golfe répriment le partage d’images de la guerre régionale. « Nous sommes soulagés qu’Ahmed Shihab-Eldin ait été déclaré innocent après 52 jours de détention », déclare dans un communiqué la directrice générale du CPJ, Jodie Ginsberg.
Caoilfhionn Gallagher, avocate irlandaise exerçant au sein du cabinet Doughty Street Chambers à Londres, spécialisée dans les droits de l’homme et les libertés civiles, qui représente deux sœurs du journaliste, a précisé par ailleurs que ce dernier allait désormais être remis en liberté « de manière imminente ».
Ahmed Shihab-Eldin avait été arrêté le 3 mars alors qu’il rendait visite à sa famille. Selon le CPJ, il était poursuivi depuis lors en particulier« pour diffusion de fausses informations, atteinte à la sécurité nationale et mauvais usage de son téléphone portable », des accusations « vagues et excessivement larges régulièrement utilisées pour réduire au silence les journalistes indépendants ».
L’un de ses derniers posts sur les réseaux sociaux montrait une vidéo d’un des avions de combat américains abattus par erreur au Koweït par la défense aérienne de ce pays, aux premiers jours du conflit déclenché le 28 février par l’offensive américano-israélienne en Iran.
Des centaines de personnes ont été arrêtées à travers le Golfe depuis le début du conflit pour avoir partagé des images d’attaques de drones ou missiles tirés en représailles par l’Iran, de dégâts ou de débris d’interceptions. Ces tirs ont été quasi quotidiens depuis le début du conflit le 28 février, et jusqu’à l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 8 avril.
Les journalistes ont également été inquiétés pour ce genre d’images, et empêchés, dans certains pays, de filmer ou prendre des photos de dégâts causés par la guerre.
Source:
www.lemonde.fr

