Le ministre de la justice américain a annoncé, jeudi 23 avril, reclasser le cannabis dans une catégorie moins restrictive, une décision qui doit notamment faciliter son usage médical, mais aussi envisager une dépénalisation plus large au niveau fédéral. Cette décision fait suite à un décret présidentiel signé le 18 décembre par Donald Trump, visant à encourager la recherche médicale sur le cannabis, rappelle dans un communiqué le ministre de la justice par intérim, Todd Blanche.
Bien que trois quarts des Américains vivent désormais dans un Etat où le cannabis est légal, cette décision ne le dépénalise pas encore au niveau fédéral. Mais elle reclasse cette drogue de la catégorie 1, la plus élevée de la nomenclature et qui comprend notamment l’héroïne, le LSD ou l’ecstasy, à la catégorie 3, qui regroupe des substances présentant un risque de dépendance modéré à faible, comme certains médicaments à la codéine.
De plus, le ministre a annoncé le lancement d’un « processus administratif accéléré pour examiner un reclassement plus vaste du cannabis », c’est-à-dire non plus pour le seul usage médical, à partir du 29 juin. « Ces mesures permettront de mener des recherches plus ciblées et plus rigoureuses sur la sécurité et l’efficacité de la marijuana, d’élargir l’accès des patients aux traitements et de permettre aux médecins de prendre des décisions de santé mieux informées », affirme le ministre.
Cette nouvelle classification fédérale pourrait avoir d’importantes répercussions économiques en allégeant les contraintes des entreprises cultivant ou commercialisant du cannabis.
Le prédécesseur démocrate de Donald Trump, Joe Biden, avait poussé pour une dépénalisation fédérale du cannabis mais ce changement avait échoué à se concrétiser. Le cannabis, un dérivé du chanvre, avait été classé en catégorie 1 en 1970, sous l’influence du président républicain d’alors, Richard Nixon, qui avait déclaré une « guerre totale contre les drogues illicites ».
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