Chez les entomologistes, le réchauffement climatique n’a pas bonne presse. Non que les spécialistes des insectes soient plus inconscients que les autres des dangers que nous fait courir la montée des températures. Mais l’invoquer pour expliquer l’effondrement des populations d’arthropodes sert souvent de simple leurre. Plutôt que d’agir sur la monoculture agricole, les pesticides ou l’artificialisation des sols, on dénonce le climat. C’est fou comme les géants de l’agrochimie s’inquiètent des poussées du thermomètre.
Pourtant, vivre sous une menace ne protège pas d’une autre. Dans un article publié dans la revue Nature, le 4 mars, une équipe internationale pilotée par les universités de Würzburg et de Brême, en Allemagne, annonce que le régime actuel de réchauffement condamnerait près de la moitié des populations d’insectes d’Amazonie à l’horizon 2100. Les mouches et les bousiers, notamment, pourraient totalement disparaître des paysages de basse altitude, atteints par la limite de leur organisme.
Il faut dire que, contrairement aux mammifères, les insectes sont ectothermes, ce qui signifie que leur corps ne régule pas – ou très peu – la température. Ils supportent souvent très mal le froid. C’est là une des raisons pour lesquelles 70 % des espèces vivent uniquement sous les tropiques. Et, comme ils sont essentiels à l’ensemble de l’écosystème, ils font de ces mêmes tropiques une réserve générale de biodiversité – animale comme végétale.
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Source:
www.lemonde.fr

