Comme le rappelle notre journaliste Hélène Sallon dans cet article, la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) avait été mise en place en 1978, après la première invasion du sud du Liban par Israël durant la guerre du Liban. L’Etat hébreu cherchait à repousser au nord du fleuve Litani des combattants palestiniens qui harcelaient ses localités frontalières.
La mission onusienne s’est poursuivie après le retrait israélien, en 2000, pour aider le gouvernement libanais à restaurer son autorité dans la zone frontalière, devenue un bastion du Hezbollah chiite libanais. Elle a entamé le marquage de la « ligne bleue », une délimitation qui fait office de frontière provisoire entre Israël et le Liban.
Après la guerre de 2006 entre l’Etat hébreu et le parti-milice chiite, la Finul – placée sous commandement européen – a dû cette fois veiller à l’application de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, et accompagner le redéploiement de l’armée libanaise sur le terrain, seule force, avec les casques bleus, censée être présente au sud du fleuve Litani. Le Hezbollah maintiendra finalement une présence militaire dans le sud du pays, survolé illégalement et quotidiennement par l’aviation israélienne.
Après quarante-huit ans de présence entre le fleuve Litani et la ligne de démarcation entre le Liban et Israël, la Finul assiste de nouveau, impuissante, à un nouvel embrasement de la région. Cette force multinationale, chargée d’une mission d’observation et de « déconfliction » – mais non d’interposition –, dispose d’une étroite marge de manœuvre. Elle est tantôt prise à partie par des partisans du Hezbollah, qui considèrent sa présence d’un œil méfiant, tantôt ciblée par l’armée israélienne, qui lui reproche d’avoir échoué à empêcher le parti-milice à contrôler le sud du pays du Cèdre et à y déployer un important arsenal.
Concrètement, la force internationale est autorisée à mener quelques activités limitées, comme assurer la sécurité et l’assistance au personnel de l’ONU, ou contribuer à la protection des civils et à l’acheminement en toute sécurité de l’aide humanitaire.
Le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU) a décidé, en août, de prolonger son mandat dans le sud du Liban, estimant que l’armée du pays, à court d’argent et surmenée, était dans l’impossibilité de patrouiller sur toute la zone par elle-même, et de programmer son retrait, réclamé par Israël et les Etats-Unis, en 2027.
Source:
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