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AccueilAnalyses & EnquêtesPrésidentielle 2027 en France : le bal des prétendants, vu par la presse étrangère

Présidentielle 2027 en France : le bal des prétendants, vu par la presse étrangère

Un mois après les municipales, c’est un nouveau marathon électoral qui commence en France : en mai 2027, l’Élysée aura un nouveau ou une nouvelle locataire. Qui pour succéder à Emmanuel Macron ? Dans cette course incertaine à la présidentielle où les candidats se bousculent dans le plus grand désordre, la presse étrangère ne cache pas son inquiétude quant au tourbillon politique qui s’annonce. “Les municipales ont donné le coup d’envoi d’une campagne électorale au long cours, écrit Stefano Cingolani dans Il Foglio. En France tout comme en Italie, l’effondrement des deux piliers de la vie politique traditionnelle a ébranlé tout l’échiquier.”

Au point qu’on s’y perd un peu plus chaque jour, se désole de son côté John Lichfield dans The Local. “La nouvelle carte politique est encore plus déconcertante et dangereuse que les précédentes. Et elle dessinera les contours de l’élection présidentielle française, la plus cruciale depuis la Seconde Guerre mondiale”, insiste-t-il. Pour le journaliste britannique, les frontières qui se brouillent à droite comme à gauche ou au centre et la porosité entre certains blocs rendent difficile l’application d‘une grille de lecture classique. “Pour citer Paul Ricœur, la France traverse ‘une crise de la mémoire et de l’espoir’, tout comme l’Europe, qui ‘ne sait plus ce qu’elle a été, ni très bien ce qu’elle veut être’”, abonde Stefano Cingolani.

L’ouverture de notre dossier sur la course à la présidentielle de 2027, vue par la presse étrangère. COURRIER INTERNATIONAL

Après dix ans de macronisme, le pays “semble de plus en plus se couper en quatre parts (si ce n’est plus) irréconciliables et bien définies”, entre la gauche et la droite traditionnelles, le Rassemblement national (RN) et La France insoumise (LFI), explique Le Temps. Difficile dans ces conditions de “trouver une majorité parlementaire” et donc de gouverner.

La solution pour éviter cette paralysie prévisible ? Une démission anticipée d’Emmanuel Macron. C’est ce que suggère depuis le Royaume-Uni le pourtant très libéral The Economist. “Les cent premiers jours d’un nouveau dirigeant donnent le ton pour la suite de son mandat. Pas en France, malheureusement”, où le calendrier électoral empêche toute action significative avant le mois d’octobre, soit cinq mois après l’élection, déplore l’hebdomadaire britannique qui veut y croire : “Ce serait l’héritage d’Emmanuel Macron. Un mandat légèrement raccourci pour une transformation durable de la République.”

Si l’argument peut surprendre de la part d’un journal profondément favorable au président, il traduit bien en revanche une inquiétude générale dans la presse étrangère face à la perspective d’une arrivée du Rassemblement national au pouvoir. Dans The Guardian, Paul Taylor explique ainsi comment, à douze mois du scrutin, Emmanuel Macron lui-même et d’autres dirigeants européens anticipent une possible victoire du RN.

“Empêché de se représenter après deux quinquennats, le président a été le premier à se prémunir contre le risque de voir le RN eurosceptique conquérir l’Élysée. Par précaution, il a commencé à placer ses fidèles à des postes clés.” Et de citer Amélie de Montchalin, nommée récemment à la présidence de la Cour des comptes, ou encore Pierre Moscovici, parti occuper le siège de la France à la Cour des comptes européenne. D’autres devraient suivre. Au même moment, les partenaires européens de la France tentent d’accélérer les négociations sur la dissuasion nucléaire ou le prochain budget de l’Union.

Pourtant, “la victoire du RN n’est pas inévitable”, tempère au Portugal le média Observador tout comme Die Zeit, en Allemagne, qui regrette le fatalisme à Berlin autour de la présidence française à venir. En Hongrie, la défaite de Viktor Orban – meilleur allié du RN en Europe –, le 12 avril, ébranle aussi la croyance selon laquelle “les partis illibéraux seraient destinés non seulement à prendre le pouvoir mais à le garder pour toujours, avec l’appui des ‘vraies’ gens”, se réjouit ainsi Anne Applebaum dans The Atlantic.

Les Européens seraient toutefois bien inspirés de ne pas se féliciter trop vite après l’élection en Hongrie, prévient Il Foglio dans un autre article. “L’UE doit faire face désormais à une autre menace. À savoir la grande opération d’ingérence au sein des démocraties” sur le Vieux Continent. On voit mal comment la présidentielle française y échapperait.

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Source:

www.courrierinternational.com