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Quelles maladies peut-on confondre avec Parkinson ?

Recevoir un diagnostic de Parkinson est un choc. Mais dans certains cas, ce diagnostic initial peut être réévalué. Plusieurs maladies dites « parkinsoniennes » ou troubles apparentés peuvent mimer les symptômes de Parkinson. Mieux les connaître permet d’éviter les erreurs et d’accéder à une prise en charge adaptée. On fait le point avec Marie Fuzzati, directrice scientifique de l’association France Parkinson.

« Faux Parkinson » : une expression trompeuse

On entend parfois parler de « faux Parkinson ». Cette formule peut inquiéter… Ou prêter à confusion. Elle désigne des symptômes qui ressemblent à ceux de la maladie de Parkinson, sans que ce soit forcément cette maladie.

Comme nous l’explique Marie Fuzzati, ce n’est pas un terme médical. C’est plutôt une expression utilisée dans le langage courant. Les spécialistes parlent plutôt de syndromes parkinsoniens.

Syndromes parkinsoniens : quelles maladies peuvent imiter Parkinson ?

Certaines maladies neurodégénératives ressemblent à la maladie de Parkinson mais présentent certaines différences :

La maladie à corps de Lewy.
L’atrophie multisystématisée (AMS).
La paralysie supranucléaire progressive (PSP).
La dégénérescence cortico-basale.

« Ces maladies ont des présentations cliniques et des évolutions bien différentes. Elles évoluent souvent plus rapidement et répondent moins bien aux traitements dopaminergiques », prévient Marie Fuzzati.

Un médicament peut-il provoquer des symptômes de type Parkinson ?

Oui, certains traitements peuvent entraîner ce que l’on appelle un Parkinson médicamenteux. Certains médicaments agissent sur la dopamine, une substance essentielle au contrôle des mouvements. En la bloquant, ils peuvent entraîner :

Une lenteur des gestes,
Une raideur musculaire,
Parfois des tremblements.

Quels médicaments sont concernés ?

Les neuroleptiques,
Certains antipsychotiques,
Plus rarement, d’autres traitements ayant un effet sur le cerveau.

Bonne nouvelle : ces troubles sont généralement réversibles. Les symptômes disparaissent progressivement lorsque le médicament est diminué ou arrêté (toujours avec l’avis du médecin), souligne Marie Fuzzati.

Que faire, en pratique ?

Parlez-en rapidement à votre médecin.
N’arrêtez jamais seul votre médicament.
Un ajustement ou un changement de traitement peut suffire.

Un AVC peut-il provoquer des symptômes proches de Parkinson ?

Oui, c’est possible. On parle alors de Parkinson vasculaire. Cette forme particulière est liée à de petites lésions dans le cerveau, causées par des troubles de la circulation sanguine. Le plus souvent, il s’agit de plusieurs petits AVC qui atteignent les zones impliquées dans le contrôle des mouvements.

Quelles différences avec la maladie de Parkinson ?

Le Parkinson vasculaire ne ressemble pas tout à fait à la maladie de Parkinson classique. Certains signes doivent alerter :

Peu ou pas de tremblements.
Des difficultés à marcher au premier plan (pas lents, instabilité, sensation de pieds « collés » au sol).
Des troubles cognitifs : difficultés à s’organiser, à planifier ou à se concentrer.

« L’IRM cérébrale permet souvent de voir les lésions liées aux petits AVC. C’est un élément clé pour faire la différence avec la maladie de Parkinson classique », indique Marie Fuzzati.

Quels facteurs de risque surveiller ?

Ce trouble est souvent associé à des facteurs de risque cardiovasculaires, comme l’hypertension artérielle, le diabète, l’excès de cholestérol ou le tabagisme. D’où l’importance d’un bon suivi médical pour limiter les récidives d’AVC !

Parkinson : comment faire la différence avec un tremblement essentiel ?

Le tremblement est souvent le signe le plus visible… Mais aussi le plus trompeur. Si bien que le tremblement essentiel peut être confondu avec la maladie de Parkinson.

Dans la maladie de Parkinson

Certains signes sont assez typiques :

Un tremblement au repos.
Il diminue ou disparaît lors du mouvement.
Une fréquence régulière, assez caractéristique.

« Concrètement, la main tremble lorsqu’elle est posée, mais beaucoup moins quand on attrape un objet », indique Marie Fuzzati.

D’autres symptômes peuvent s’ajouter :

Une raideur musculaire.
Une lenteur des mouvements.

Dans le tremblement essentiel

Le tableau est différent :

Un tremblement d’action (il apparaît quand on bouge).
Qui peut survenir lors de gestes du quotidien : écrire, boire, tenir un objet, etc.
Pas de rigidité associée.

« Le tremblement essentiel peut devenir gênant pour les gestes précis, mais on ne retrouve pas les autres signes typiques de Parkinson. Par ailleurs, il est beaucoup plus fréquent et généralement moins handicapant », rappelle Marie Fuzzati.

Comment confirmer le bon diagnostic ?

Le diagnostic repose avant tout sur l’examen clinique. Un neurologue expérimenté peut repérer des signes atypiques précoces et des symptômes spécifiques.

Mais des examens complémentaires peuvent être nécessaires :

Une IRM cérébrale.
Un bilan neurologique approfondi.
Une scintigraphie cérébrale (DAT-scan).

Quels signes doivent faire reconsidérer le diagnostic ?

Certains éléments doivent pousser à reconsidérer le diagnostic :

Une évolution très rapide.
Des troubles cognitifs précoces.
Une mauvaise réponse aux traitements.
Des troubles de l’équilibre, de la parole ou du regard dès le début.

« Ce sont des signaux qui doivent amener à surveiller de plus près », souligne Marie Fuzzati.

Que faire en cas de doute sur son diagnostic ?

Demandez un second avis.
Consultez un neurologue spécialisé.
Notez l’évolution de vos symptômes.
Informez votre médecin de tous vos traitements.

« Il ne faut pas hésiter à poser des questions et à être acteur de sa santé », insiste Marie Fuzzati. Car mieux comprendre ses symptômes, c’est déjà mieux se soigner… Et se rassurer.

Sources


Source:

www.santemagazine.fr