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TotalEnergies annonce l'arrêt de la raffinerie de Satorp en Arabie saoudite après des frappes

Le groupe pétrolier français TotalEnergies a annoncé vendredi 10 avril la mise à l’arrêt de la raffinerie Satorp en Arabie saoudite, après des frappes dans la nuit du 7 au 8 avril qui ont endommagé une partie de l’installation située à Jubail (est), au bord du golfe Persique, selon une communication adressée à ses investisseurs. Le complexe pétrochimique géant de Jubail a été touché par des frappes iraniennes de représailles quelques heures après que des installations similaires en Iran ont été touchées. Pas de blessés, mais des infrastructures endommagées. C’est une perte importante pour le groupe français, mais qui reste très avantagé par le prix de l’or noir. 

Publié le : 10/04/2026 – 19:56


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Dans un courrier ce vendredi, TotalEnergies dresse la situation à ses investisseurs. Un train de traitement de la raffinerie est touché. Obligé donc d’arrêter l’activité, par mesure de sécurité. Un vrai manque à gagner pour le géant français, qui détient un tiers du site. 

« Par mesure de sécurité », les unités de la plateforme, codétenue par la compagnie nationale saoudienne Aramco (62,5 %) et TotalEnergies (37,5 %), « ont été mises à l’arrêt », après des « incidents survenus dans la nuit du 7 au 8 avril », a déclaré le groupe français. « L’un des deux trains » de traitement de la raffinerie a été touché, mais « aucune victime n’est à déplorer », a précisé TotalEnergies dans un point de situation en ligne mis à jour vendredi.

Situé dans le désert saoudien et mis en service en 2014, ce site dispose d’une capacité de raffinage de 460 000 barils de pétrole brut par jour et produit environ 22 millions de tonnes par an de produits raffinés, selon TotalEnergies.

Dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient, lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, qui a provoqué une grave crise énergétique, TotalEnergies rappelle que sa production pétrolière et gazière « a été arrêtée ou est en cours d’arrêt au Qatar, en Irak et offshore [en mer, NDLR] aux Émirats arabes unis », ce qui représente « environ 15 % » de sa production totale d’hydrocarbures.

Pour autant, le groupe souligne que la croissance attendue de ses barils les plus rentables en 2026 est située « très majoritairement » hors de la zone de conflit, principalement aux États-Unis et au Brésil, « ce qui signifie qu’un prix du pétrole plus élevé compense largement la perte de production au Moyen-Orient ».

Il a précisé par ailleurs que « la production onshore [à terre, NDLR] aux Émirats arabes unis (environ 210 000 barils par jour pour TotalEnergies) n’est pas affectée (…) à ce stade ».

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« Multiples attaques »

L’interruption de la production de gaz naturel liquéfié (GNL) au Qatar a quant à elle un effet « limité » sur l’activité de négoce du groupe, l’essentiel des volumes étant commercialisé par QatarEnergy.

Jeudi, le ministère saoudien de l’Énergie a indiqué que de « multiples attaques » menées par l’Iran avaient touché ces dernières semaines « d’importantes installations énergétiques du royaume ». Ces frappes ont visé « des infrastructures de production, de transport et de raffinage de pétrole et de gaz, ainsi que des usines pétrochimiques et des installations électriques à Riyad, la région de l’Est et la cité industrielle de Yanbu », selon son communiqué.

Elles ont notamment touché les raffineries de Jubail, de Ras Tanura, de Yanbu et celle de Riyad, « ce qui a eu un impact direct sur les exportations de produits raffinés vers les marchés mondiaux ». Les frappes ont également visé « l’une des stations de pompage de l’oléoduc Est-Ouest, entraînant une perte d’environ 700 000 barils par jour de débit », selon le ministère. Cet oléoduc, qui peut acheminer jusqu’à 7 millions de barils par jour jusqu’au port de Yanbu, sur la mer Rouge, est vital pour la livraison de pétrole depuis le blocage par l’Iran du détroit d’Ormuz.

Les usines de production de Manifa et de Khurais ont aussi été touchées, amputant la capacité de production du royaume de 600 000 barils par jour supplémentaires. L’Arabie saoudite, premier exportateur de brut au monde, produit un peu plus de 10 millions de barils par jour.

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Source:

www.rfi.fr