La persistance des refus de mise à l’abri de personnes migrantes, dans le secteur de Calais pendant la trêve hivernale, a été soulignée par une enquête publiée par dix associations, jeudi 9 avril. Elles appellent à augmenter les places disponibles et à adapter la prise en charge, notamment des femmes et des mineurs non accompagnés.
Ces associations, dont le Secours catholique, Utopia 56, Médecins sans frontières et l’Auberge des migrants, ont relevé 1 600 refus de prise en charge par les différents services publics d’hébergement et d’accueil, entre novembre 2025 et mars 2026. 546 hommes seuls, 610 femmes et membres de familles et 444 mineurs non accompagnés ont été concernés par un refus sur cette période.
« Entre 600 et 800 » personnes migrantes ont passé l’hiver autour de Calais dans des conditions précaires, selon les associations, réclamant un dimensionnement des dispositifs d’hébergement « adapté aux besoins observés sur le terrain », comme ceux des profils les plus vulnérables.
Des situations éprouvantes pour les femmes
Ainsi, les femmes n’ont droit qu’à « une seule nuit d’hébergement via le 115 », souligne Angèle Vettorello, coordinatrice d’Utopia 56 à Calais, interrogée par l’Agence France-Presse. Or, observe-t-elle, « on sait que les gens ne passent pas qu’une seule nuit à Calais, mais au contraire restent parfois plusieurs semaines sur le littoral dans l’attente de passer en Angleterre ».
En outre, les femmes exilées vivent des situations particulièrement éprouvantes dans les campements de fortune, rappelle Jade Lamalchi, responsable de L’Auberge des migrants à Calais. Certaines « ont peur, la nuit, d’aller aux toilettes et préfèrent mettre des couches pour éviter de sortir de leur tente ».
Les associations ont aussi plaidé pour « la fin des expulsions et de la saisie et destruction des affaires personnelles » et l’activation du plan Grand Froid, qui permet l’ouverture de places supplémentaires d’hébergement, « pendant toute la période de la trêve hivernale », ou encore la réquisition des logements vacants à Calais.
Des chiffres contestés pour les mineurs
De son côté, Emilie Barré, cheffe du service des mineurs non accompagnés (MNA) dans le Pas-de-Calais, conteste les chiffres exposés par les associations. « Il n’y a pas eu de refus » d’hébergement de mineurs non accompagnés pour « saturation » du dispositif de mise à l’abri cet hiver, affirme-t-elle à l’Agence France-Presse (AFP).
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Le cadre légal pour les MNA, c’est « cinq nuits consécutives » de mise à l’abri, à l’issue desquelles la personne doit passer un examen de minorité. Si elle le refuse, elle est soumise à un jour de carence, à l’issue duquel elle peut de nouveau bénéficier de cinq jours d’hébergement d’urgence, explique Mme Barré.
La préfecture du département n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP dans l’immédiat.
Quatre migrants tentant de rejoindre l’Angleterre se sont noyés, jeudi matin, près d’Equihen-Plage (Pas-de-Calais), portant à six le nombre de décès en mer connus de migrants à la frontière franco-britannique depuis le début de l’année.
Source:
www.lemonde.fr

