La Russie a récemment élevé le ton face à l’escalade des tensions autour de l’Iran, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Dans une déclaration faite début février 2026, le chef de la diplomatie russe a clairement indiqué que Moscou ne resterait pas les bras croisés si la situation autour de l’Iran devait continuer à se détériorer. Selon lui, la multiplication des provocations, des menaces et des frappes indirectes fait peser un risque réel d’embrasement régional, susceptible de déstabiliser l’ensemble du Moyen-Orient.
Lavrov a rappelé que l’Iran constitue un partenaire stratégique important pour la Russie, tant sur le plan politique que sécuritaire et énergétique. À ce titre, Moscou considère que toute tentative d’isolement ou de confrontation directe avec Téhéran comporte des dangers majeurs, non seulement pour la région, mais aussi pour l’équilibre international déjà fragilisé par la guerre en Ukraine et les tensions entre grandes puissances. Le ministre russe a notamment mis en garde contre une spirale de représailles impliquant Israël, les États-Unis et l’Iran, qui pourrait rapidement échapper à tout contrôle.
Dans le même temps, Moscou cherche à maintenir une posture officiellement prudente. Lavrov a précisé que la Russie ne se positionne pas, à ce stade, comme un médiateur formel entre Tel-Aviv, Washington et Téhéran. Il s’agit plutôt, selon ses mots, de poursuivre les contacts diplomatiques, de maintenir des canaux de discussion ouverts avec l’ensemble des acteurs et d’encourager toute initiative susceptible de conduire à une désescalade. Cette approche s’inscrit dans la tradition diplomatique russe au Moyen-Orient, où Moscou tente de parler à toutes les parties sans s’enfermer dans un camp unique.
Derrière ce discours mesuré se cache toutefois un message politique clair : la Russie entend défendre ses intérêts et son influence dans une région qu’elle considère comme stratégique. En rappelant qu’elle ne restera pas passive, Moscou signale qu’elle dispose de leviers diplomatiques, militaires et économiques, et qu’elle pourrait les activer si l’équilibre régional venait à être rompu. Cette déclaration vise autant à dissuader une escalade incontrôlée qu’à rappeler que toute solution durable à la crise iranienne devra, tôt ou tard, tenir compte du rôle de la Russie sur l’échiquier international.
