A Liévin (Pas-de-Calais), la cérémonie organisée chaque 1er-Mai avec les organisations syndicales locales a été annulée par le nouveau maire, Dany Paiva (Rassemblement national), qui a informé, mercredi 22 avril, l’Agence France-Presse de sa décision, confirmant une information de France Inter.
Les syndicats « sont là uniquement pour faire de la politique au niveau national » et de la « propagande », « cela n’a pas du tout lieu d’être », a estimé le maire de cette commune de 30 000 habitants marquée par son passé minier, comme sa voisine Lens. L’hommage aux mineurs sera maintenu, a-t-il soutenu.
Jusqu’à présent, le dépôt de gerbe en hommage aux mineurs était suivi d’une cérémonie à l’hôtel de ville, au cours de laquelle les organisations syndicales prenaient la parole à tour de rôle. La remise des médailles aux travailleurs, habituellement organisée à cette occasion, « sera reportée dans l’année », a ajouté M. Paiva, 30 ans.
« Détestation des organisations syndicales »
Pour la secrétaire générale de la CFDT Hauts-de-France, Perrine Mohr, cette décision « en dit long sur la considération portée aux travailleurs, sur la détestation des organisations syndicales et sur le manque de respect de l’histoire de nos territoires ».
Cette cérémonie est « historique », « quand on s’y attaque, on s’attaque aux travailleurs, parce que les organisations syndicales portaient les doléances des travailleurs », a renchéri Gilles Richy, secrétaire régional CFDT chargé du territoire Artois-Douaisis.
D’autres décisions symboliques ont été prises par des maires du parti d’extrême droite dans l’ancien bassin minier du Pas-de-Calais, où douze nouvelles communes ont été remportées par le RN lors des élections municipales de mars. Cela porte à quatorze le nombre de mairies dirigées par ce parti dans ce territoire historiquement ancré à gauche.
A Harnes, le nouveau maire, Anthony Garénaux-Glinkowski (RN), a ainsi décidé, à peine élu, de retirer les drapeaux européen et ukrainien du fronton de la mairie, les remplaçant par des drapeaux tricolores. « Dans la Constitution, il n’existe qu’un seul drapeau : le drapeau tricolore bleu, blanc, rouge », avait-il dit à l’AFP. Il a aussi fait retirer un buste de Robespierre de la salle du conseil municipal, estimant que « le pire guillotineur de l’histoire française n’avait rien à y faire ».
Et à Grenay, une plaque qui faisait du militant libanais propalestinien Georges Ibrahim Abdallah un citoyen d’honneur de la commune a été retirée par la nouvelle majorité RN.
Source:
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